Le milieu professionnel accouche régulièrement de nouveaux syndromes qu’il convient chaque fois d’étiqueter à l’anglaise avec une terminaison identique en « -out ». On a ainsi vu apparaître le Burn out, puis le Bore out, puis la toute dernière création, baptisée Brown out !

Mais comme l’indique Stéphane Bourbier, le fondateur de OurCompany – une appli qui mesure quotidiennement le bien-être au travail selon son niveau d’humeur, de stress et d’énergie  » Plus qu’un excès d’anglicismes, il faut y voir l’occasion de mettre enfin des mots sur des problèmes qui existent depuis longtemps dans le monde du travail et de provoquer un électrochoc dans l’entreprise. Désigner ces maux facilite à la fois leur reconnaissance et leur traitement.  »  » Cela pointe aussi que ce n’est pas forcément la charge de travail qui est en cause, mais le fait que le salarié se sente ou non à sa place, valorisé à la hauteur de son potentiel, de ses envies, voire tout simplement reconnu en tant que personne, »

Les arrêts de travail pour « affections psychiques » sont en hausse en France, alors que les arrêts pour raisons « classiques » sont en baisse : en 2016, 10 000 cas de troubles psychiques reconnus comme accidents du travail ont été comptabilisés par l’Assurance maladie. La progression était de 10 % par an de 2011 à 2014. Elle était encore de 5 % en 2015 et la courbe continue de monter.
Parmi ceux-ci, des situations qui parleront sans doute à nombre d’entre vous :
les problèmes que vous nous rapportez quotidiennement et comme il est toujours moins angoissant de mettre des mots sur les maux, nous avons tenté de décoder 3 de ces pathologies modernes directement issues des nouvelles techniques de management.

La société dans laquelle nous vivons a créé un terreau favorable au développement de l’épuisement,via le développement de la précarité, l’exigence et la valorisation du fait d’être le ou la meilleur/e, tout le temps…d’être actif partout, tout le temps. Toutefois, des facteurs individuels, psychologiques, managériaux… entrent aussi en compte dans le développement de l’épuisement professionnel.

Parmi ceux-ci, des situations qui parleront sans doute à nombre d’entre vous :

 Vu les problèmes que vous nous rapportez quotidiennement et comme il est toujours moins angoissant de mettre des mots sur les maux, nous avons tenté de décoder 3 de ces pathologies modernes directement issues des nouvelles techniques de management.

Le Burn out (ou épuisement professionnel) :

Le burn-out, naît d’une différence entre les ressources et les attentes d’un individu. C’est la maladie de l’effondrement de la psyché, mais aussi de la relation aux autres et à soi.

Les personnes ayant traversé un burn-out font état de différents signaux avant-coureurs :

Des manifestations physiques allant du relativement bénin (crampes d’estomac) au risque vital, Parmi les signes les plus précoces, les spécialistes notent surtout l’apparition de troubles du sommeil (insomnies de milieu ou de fin de nuit, difficultés d’endormissement…), des problèmes dermatologiques (allergies, psoriasis, démangeaisons), des douleurs diffuses ressemblant au syndrome de fatigue chronique ou plus localisées (lombalgies, cervicalgies, tendinites au coude ou à l’épaule), céphalées, migraines, malaises ou vertiges.

Ces manifestations s’accompagnent sur le plan émotionnel d’un sentiment de découragement ou de tristesse, idées noires ou sentiment de persécution, voire angoisse envahissante.
Trop sollicité de façon permanente, notre cerveau peut aussi se mettre en état de « surchauffe », avec des troubles de concentration et des pertes de mémoire.

Les conséquences dans la vie quotidienne se font de plus en plus violemment sentir. Cela peut se traduire dans un premier temps par une espèce d’abandon interne (négligence vestimentaire…) et externe (négligence des activités de loisirs, sorties familiales etc.), une attitude de retrait général débouche qui souvent sur un isolement social et un cynisme affiché. Progressivement, le salarié prend de la distance avec le monde qui l’entoure. Résultat : des conflits conjugaux et/ou familiaux répétés, des conduites dangereuses (prise de volant avec ivresse) et une consommation accrue de substances nocives, alcool, médicaments et cannabis notamment.

4 phases caractéristiques : du plaisir à l’épuisement professionnel :

Le cabinet Technologia a identifié quatre phases bien distinctes et relativement constantes dans son étude sur le burn-out.

Phase 1 : le plaisir au travail : Satisfaction professionnelle, implication forte, engagement constant, acceptation des aspects négatifs du travail et persévérance dans les tâches entreprises : c’est le temps où le salarié a le sentiment d’être justement récompensé des efforts qu’il entreprend.

Phase 2 : le sur engagement :  La motivation et la satisfaction restent fortes. Toutefois, la sphère du travail envahit progressivement tout le champ intérieur du salarié, qui accorde moins d’importance à ses besoins personnels. Les signes de fatigue physique sont ignorés – ou, minimisés par le salarié.

Phase 3 : l’acharnement frénétique : L’idée même de plaisir au travail s’efface progressivement devant l’accumulation de contraintes. L’anxiété grandit, l’estime de soi diminue peu à peu, et le salarié fait preuve de moins d’empathie que par le passé. Des signes négatifs apparaissent (critique du management, agressions verbales de collègues…) y compris dans la sphère privée.

Phase 4 : l’effondrement : L’effondrement succède au « décrochage » semblable à celui que connaît un avion durant un trou d’air. Le cynisme peut alors céder le pas à la violence, y compris physique : des collègues, des usagers, des clients peuvent en faire les frais. En dernière phase survient la démoralisation. Au bout du rouleau, la personne perd tout intérêt pour son travail et pour son entourage. Elle n’est, tout simplement, plus !

Le Bore out (épuisement professionnel par l’ennui) :

Exact inverse le bore-out est le syndrome de l’épuisement professionnel par l’ennui. Il se caractérise par une sous charge de travail. Cantonné à des tâches rébarbatives et assommantes ; le salarié ne tire aucun sentiment d’accomplissement de son travail ou n’y trouve aucun intérêt. Désengagé professionnellement, il finit par souffrir d’un épuisement moral, voire d’une dépression.

Le Bore-out serait d’ailleurs plus fréquent que le Burn-out, mais beaucoup moins pris au sérieux parce que dans une société où il est bien vu d’être débordé avouer qu’on s’ennuie au travail est une honte.

Pourtant, selon un article nommé « Bored to death » paru dans l’International Journal of Epidemiology d’Oxford en 2010, les personnes qui s’ennuient au travail ont presque trois fois plus de chance de contracter une maladie cardio-vasculaire que les autres. Sans parler de la dépression, de la fatigue, du stress et du manque d’estime de soi.

Pourquoi le Bore out :

1 – L’absence de travail : Les taches diminuent. Le rythme de travail ralentit peu à peu. Et un beau jour, le salarié se rend compte qu’il ne vient au bureau que pour compter les heures. Il y a cinq ans déjà, l’auteure du livre Absolument dé-bor-dée !, ( Zoe Sheppard) employée territoriale avouait au Figaro avoir raconté son histoire « pour échapper à l’ulcère et à la dépression, mais aussi pour ne pas périr d’ennui .

2 – Des tâches ennuyeuses : « Certains métiers sont intrinsèquement porteurs de bore-out », explique Jean-Claude Delgènes, fondateur du cabinet spécialisé en prévention des risques psychosociaux Technologia. Soit les tâches sont répétitives, soit les journées sont peu rythmées.

3 – La surqualification : Le salarié occupe une fonction qui ne correspond pas à ses compétences. Il boucle ses dossiers en quelques heures et n’est pas assez stimulé. « Cela se produit beaucoup dans la fonction publique », explique Jean-Claude Delgènes. Le problème peut aussi venir d’un écart entre une fiche de poste très théorique dont les missions ont été surévaluées, et la réalité du terrain.

4 – L’isolement, la mise au placard ou le manque de reconnaissance : Ce sont toutes les situations dans lesquelles le collaborateur se sent inutile parce qu’il n’est pas reconnu. On peut citer par exemple, la mise au placard, lorsque après une réorganisation un collaborateur se retrouve sans responsabilité voire même sans équipe. On parle d’isolement quand les contacts avec sa hiérarchie, mais aussi ses collègues, s’amenuisent.

Comment savoir si vous êtes sur le point de faire un Bore-out ?

  • Vous ne vous sentez plus concerné par ce que vous faites.
  • Des tâches que vous preniez plaisir à effectuer vous ennuient.
  • Vous êtes distrait par tout et n’importe quoi.
  • Absolument rien dans votre travail ne représente un challenge, si ce n’est vous lever le matin pour y aller.
  • Vous regardez plus souvent Facebook que vos emails professionnels.
  • Vous rêvez du vendredi soir dès le lundi matin.
  • Vous avez l’impression de stagner dans votre emploi depuis longtemps.
  • Vous oubliez tout le temps ce que vous avez à faire.
  • Vous passez régulièrement du temps à faire autre chose que votre travail, comme du shopping on-line.
  • Vous êtes plus lent et pourtant, vous faites des erreurs.

 A grands maux grandes responsabilités :

Les conséquences du bore out sont les mêmes que dans le cas du burn out : arrêt maladie, traitement adapté, et sont lourdes pour l’entreprise. L’enjeu concerne le manque de reconnaissance de cette nouvelle pathologie du travail. S’ennuyer ? A l’heure où l’on dépasse les 10 % de chômage et où l’on a de la chance d’avoir un job et d’être payé ? Comment est-ce possible ? Les a priori sont nombreux ainsi que les jugements, mais le bore out n’est pas de la paresse, bien au contraire ; les paresseux ne veulent pas travailler (même s’ils ont du travail) alors que les victimes de bore out aimeraient travailler, mais on ne leur en donne pas la possibilité et la frustration qui en résulte les pousse à l’épuisement nerveux.

  •  Le brown out :

Après l’épuisement professionnel ou l’ennui, la dernière pathologie émergente du monde du travail serait donc la vacuité. C’est ce qu’avancent deux chercheurs britanniques et suédois, André Spicer et Mats Alvesson dans leur ouvrage The Stupidity Paradox.

L’Institut de recherche international, Ipsos, a réalisé en 2016 une étude sur 824 travailleurs français. Il en ressort que seulement 34 % des personnes interrogées estiment que leur entreprise les reconnaît et valorise leur travail, contre 56 % sur une étude au niveau mondial.

Ce qui est frappant dans cette nouvelle pathologie qu’est le brown-out, c’est qu’elle touche toutes sortes de métiers et d’activités.

Il provient d’une perte de sens et d’utilité apparente d’un salarié pour son métier. Un mal-être né de l’absurdité de certaines tâches du quotidien. Si une personne qualifiée, recrutée pour son diplôme et ses connaissances, est employée à des tâches dénuées de sens, en négation même de ses compétences, elle peut se retrouver en brown-out.

C’est le cas, potentiellement, des salariés dont les valeurs ne sont plus en phase avec celles de l’entreprise : Le brown-out (littéralement « baisse de courant ») ferait entrer en opposition l’éthique personnelle d’un salarié avec les tâches professionnelles qu’il lui est donné d’accomplir “Sentiment d’absurdité, d’inutilité, ou pire, de nuisance” qui  crée une véritable crise existentielle chez le salarié en proie au brown-out. Cette « baisse de courant » (psychique) serait principalement provoquée par l’incompréhension de ses tâches, qu’elles soient totalement absurdes ou qu’elles entrent en conflit avec ses valeurs et ses idéaux.

Le manque de sommeil peut aussi être une autre cause qui n’implique pas forcément, d’entreprendre un changement radical dans sa carrière professionnelle : faute d’énergie on se limite à exécuter machinalement des tâches sans en chercher l’intérêt, ni à s’investir pour les rendre plus captivantes.

Plus grave mais non irrémédiable, le manque de reconnaissance des autres pour votre travail, le fait d’être mis à l’écart de projets ou de réunions importantes etc…

Les signaux d’alerte :

1. Vous travaillez de longues heures, mais sans aucun intérêt : Lorsque vous souffrez de brown-out, vous êtes toujours fonctionnel et capable d’accomplir vos tâches au travail mais les longues heures passées au bureau ne vous motivent plus et n’y trouvez plus aucun plaisir.

2. Vous avez l’impression que vous ne finirez jamais vos tâches : Bien que vous travailliez sans relâche, vous avez l’impression que la pile de dossiers posée sur votre bureau ne diminue jamais.

3. Vous ne savez plus quelle direction prend votre carrière ? Ce sentiment constant d’inutilité vous pousse à remettre toute votre carrière en question. Vous repensez à vos choix et à votre place dans l’entreprise au sein de laquelle vous n’êtes plus certains d’être vraiment importants.

La psychologue spécialiste du burn-out, Nadia Droz, définit le phénomène comme une démission intérieure. Le fait que l’univers du travail soit désormais axé sur la performance et non la valorisation avec des tâches très découpées ce qui rend, selon la psychologue, le coeur de son métier invisible et mène à ce sentiment d’inutilité.

4. Vous n’avez plus envie de contribuer aux réunions.

5. Toutes les excuses sont bonnes pour ne pas rentrer au travail. Cary Cooper, professeur de psychologie organisationnelle et de la santé à la Manchester Business School explique que lorsque vous êtes brown-out, vous ne vous sentez plus investi dans votre travail et toutes les raisons deviennent bonnes pour rester à la maison. Dès les premiers symptômes de rhume vous préférez rester au lit, un mal tête vous empêche de vous rendre à votre rencontre.

6. Vous avez perdu de l’intérêt pour votre vie de famille et sociale : Dans la même entrevue au journal The Telegraph, le professeur Cooper spécifie que votre désintérêt pour votre travail se fait ressentir également dans votre vie de famille et votre vie sociale. Une personne atteinte de brown-out, éprouve aussi moins de plaisir à pratiquer des activités sociales et peu démontrer une baisse d’intérêt devant sa famille.

7. Physiquement, vous ne vous sentez plus en forme. Les symptômes du brown-out ne se font pas sentir uniquement sur le plan psychologique, vous pouvez aussi ressentir des signes physiques. Vous vous sentez moins en forme qu’à l’habitude et plus fatigué qu’à la normale. Vous mangez de plus en plus souvent de la malbouffe, également.

8. Vous n’avez plus le sens de l’humour.

9. Vous vous demandez constamment si votre patron aime votre travail. Ce n’est pas une question d’aimer votre patron ou pas, de bien vous entendre ou non. Mais vous ne savez jamais s’il apprécie votre travail ou s’il lui est sans importance.

En cause les nouvelles techniques de management :

L’impact sur la santé mentale

Les recherches en clinique du travail ont établi depuis les années 80 que si la santé du corps dépend des conditions de travail, de l’environnement du travail, la santé mentale est quant à elle principalement en rapport avec l’organisation du travail.

Christophe DEJOURS psychiatre, psychanalyste et professeur de psychologie français, spécialiste en psycho dynamique du travail et en psychosomatique analyse le rapport entre travail et santé mentale de la façon suivante.

L’Organisation du travail (ensemble des prescriptions sur la division et la répartition des tâches entre les salariés : surveillance, contrôle, hiérarchie, commandement) peut aller plus ou moins loin dans les détails et aller jusqu’à prescrire non seulement l’objectif à atteindre, la tâche, mais le chemin pour atteindre cet objectif ( mode opératoire).

Dans les faits aucun travailleur ne respecte les prescriptions dans leur intégralité. S’ils étaient parfaitement obéissants toute production serait impossible (cf. grève du zèle)

Le salarié n’agit donc pas en pur exécutant. Il mobilise des ressources personnelles qui relèvent de son intelligence, ce qui du point de vue psychologique change tout.

Ces ressources impliquent le cerveau mais aussi le corps tout entier. L’individu s’implique tout entier dans son travail et c’est à ce prix que les agents peuvent développer des habiletés de métiers.

Le travail est intériorisé et c’est de ce processus intérieur que viennent les idées originales pour combler l’écart entre la prescription et la réalité.

L’évolution, l’endurance face aux difficultés du travail fait advenir une intelligence qui n’était pas là avant le travail. Le travailleur se découvre plus intelligent après le travail qu’il ne l’était avant.

La personnalité, l’identité peuvent ainsi sortir du travail grandi. C’est une source de plaisir qui permet au travail de jouer en faveur de l’accroissement de l’identité et de participer dans la construction et le renforcement de la santé mentale.

Or dans de nombreuses situations de travail aujourd’hui l’organisation du travail ne formule pas que des prescriptions. Elle impose aussi des contraintes de discipline, de contrôle, de commandement de domination qui entravent l’exercice et le développement de l’intelligence au travail.

Dans les années 90 l’organisation du travail était pensée par des ingénieurs mais ceux-ci ont été supplantés par des gestionnaires qui ont introduit de nouveaux outilsdont :

– l’évaluation individuelle des performances,

– la flexibilisation, (CDD, intérim, sous traitance …)

– la normalisation ou standardisation des taches.Qui entrave l’exercice de l’intelligence au travail et obligent à trahir les règles de métier et l’éthique spécifique, les valeurs, attachées à chaque métier

Les managements ont donc »évolué » :

Mouvement de désengagement des hiérarchies vis-à-vis des modalités concrètes : Les salariés ont découvert avec étonnement qu’ils pouvaient être dirigés par des cadres qui ne connaissaient pas le travail. Dans le même temps la montée en puissance des logiques financières s’est traduite par une focalisation de l’encadrement sur les indicateurs de gestion, statistiques et comptables.

Dans ce contexte la hiérarchie est couramment amenée à attaquer l’engagement positif des salariés dans leur travail. En effet, du point de vue de l’activité, travailler correctement consiste à fournir la réponse la plus adaptée possible aux particularités des situations rencontrées ; au contraire , le point de vue de la gestion valorise l’accélération de la gestion et la standardisation des réponses .Le manager de proximité se trouve en position de faire pression sur les salariés afin qu’ils orientent leur activité non pas conformément aux besoins qu’ils perçoivent dans les situations qu’ils doivent traiter mais de façon à faire tourner les compteurs statistiques à partir desquels est évaluée l’unité.

L’intensification du travail impose à chacun de réaliser des arbitrages serrés entre des critères d’évaluation du travail qui ne sont que partiellement compatibles.

Les espaces permettant de mettre en débat et construire collectivement les modalités de ces arbitrages ne sont pas développés car la réduction des effectifs, la multiplication des statuts, la pression et l’urgence ont réduit les espaces de discussion. L’intensification du travail apparaît ainsi comme un puissant facteur d’individualisation du rapport au travail. .

L’encadrement peut, lui-même, être en difficulté.

Cette situation se traduit par un trépied symptomatique de l’intensification du travail :

  • dégradation de la qualité,
  • développement des conflits interindividuels et avec l’encadrement,
  • atteintes à la santé, au premiers rangs desquels les TMS et la souffrance psychique

Ces nouvelles méthodes d’organisation du travail (New Public Management) sont introduites avec brutalité non seulement dans les hôpitaux, à la poste ou a France telecom mais dans toute la fonction publique et les dégâts humains sont considérables.

L’introduction de ces nouvelles méthodes d’organisation a un rythme soutenu est l’objectif de politiques publiques, qui font voter des lois sur les Risques psycho sociaux d’une main et démolissent systématiquement la santé mentale au travail de l’autre main.

Certains cadres supérieurs et dirigeants d’entreprises sont aujourd’hui assaillis par des doutes sur la rationalité de ces orientations gestionnaires et ont pris le risque de rompre avec cette logique gestionnaire en procédant à des expérimentations qui démontrent que l’on peut organiser le travail autrement et rétablir des rapports de qualité entre les salariés et l’organisation du travail avec des améliorations spectaculaires en matière de santé mentale.

Ces expériences reposent notamment sur la formation de collectifs et d’équipes de travail qui conjuguent les trouvailles des intelligences individuelles. Dans ces collectifs de travail la solitude est conjurée et l’on bénéficie de l’entraide, de l’expertise, de la prévenance, du savoir vivre et de la solidarité des autres mises au service d’une œuvre commune.

Il y a fort a parier que ces nouvelles conceptions viendront un jour supplanter la mode du New Public Management qui sera alors voué aux gémonies.

Mais l’histoire nous a montré que la reconnaissance des erreurs prend toujours un certain temps.

En attendant, il reste des palliatifs : Les situations sont toutes différentes.

Toutefois, selon la gravité de la situation, il est possible :

1/ Face au burn-out  faire usage du droit à la déconnexion, entré en vigueur le 1er janvier 2017, vise à « assurer le respect des temps de repos et de congés ainsi que l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et familiale ». Une arme légale contre le burn-out

2/ En cas de bore-out : faire valoir le fait que le  statut ou le contrat de travail oblige l’employeur à respecter les tâches et qualifications qui y sont stipulées,

3/ Contre le brown-out : proposer lors des entretiens individuels des mesures pour rendre son travail plus intéressant ou même envisager de changer de poste.

4/Aller voir le médecin de Prévention.

5/ Demander la reconnaissance de l’imputabilité au service : Ces affections ne sont pas (encore) reconnues comme maladies professionnelles mais sont susceptibles d’être reconnues comme accidents de service.

6/ Se faire accompagner par notre syndicat qui peut porter devant l’employeur les témoignages de vos difficultés et tenter, avec le soutien le plus massif possible, des agents d’obtenir de améliorations ou qui peut vous accompagner individuellement.

7/ Consigner les incidents les plus graves dans les registres hygiène et sécurité qui se trouvent dans chaque service ou maison du département, ou que l’on peut retrouver sur le spi, onglet « ressource humaine », puis « santé au travail » et enfin « risques professionnels » et vous faire accompagner par les mandatés du CHSCT (que vous retrouverez en cliquant sur le lien) !

Sources :

Revue Sante et travail n°86 – avril 2014

L’express.fr article du 28/4/2014 Burn out : les signes qui doivent vous alerter

Le Point.fr –  le 21/10/2016 – Burn-out, bore-out et maintenant brown-out !

Le monde .fr – du 13/10/2016

André Spicer et Mats Alvesson –  The Stupidity Paradox

Conference Claude dejours  au colloque santé/ travail MGEN – mars 2017

 

 

 

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