Les fausses idées reçues et les vraies raisons d’être fier-e-s d’être fonctionnaires !

Dans une société de plus en plus divisée, à force de nous monter les uns contre les autres, les fonctionnaires paraissent encore comme des privilégiés aux yeux de nos collègues du secteur privé. Malheureusement, les vrais privilégiés se la coulent douce, pendant ce temps-là.

Dans l’imaginaire collectif, on est fonctionnaire pour  » le statut « , sans même penser que nous puissions avoir un idéal de service public de qualité et égalitaire, partout et pour tous !

Les récentes annonces du gouvernement du programme « Action publique 2022 », avec la suppression de 120.000 postes, le recours systématique aux contractuels sur certaines politiques, la généralisation de la rémunération « au mérite » et la mise en place de « plan de départ volontaire », stigmatisent encore une fois les fonctionnaires et continuent d’alimenter une croyance trop bien récitée. Pour en finir avec cette litanie d’idées reçues, voilà quelques vraies raisons d’être fier-e-s d’être fonctionnaire :

Le statut de fonctionnaire a été créé en 1946 et mené par Maurice Thorez, ministre de la fonction publique de l’époque, pour garantir l’indépendance du fonctionnaire vis-à-vis du pouvoir politique comme de l’arbitraire administratif. En contrepartie, le fonctionnaire n’est pas titulaire de son poste qui est à la disposition de l’autorité politique, mais de son grade qui est la propriété du fonctionnaire. Il faut le rappeler : ce statut n’est pas un avantage mais un enjeu démocratique essentiel !

– Contrairement à ce qu’affirment les médias dominants, la France ne détient pas le record de l’emploi public. Avec 5,41 millions de personnes travaillant dans la Fonction publique, son taux d’administration, de 90 emplois pour 1 000 habitants, la place dans la moyenne haute des pays industrialisés, devant le Royaume-Uni et les Etats-Unis, mais bien en deçà des pays scandinaves – 159 emplois pour 1 000 habitants en Norvège, par exemple. Sur les vingt dernières années, les effectifs de la Fonction publique sont passés de 18,8 à… 18,9 % de la population active alors que la population totale a augmenté de manière conséquente. Il est donc faux d’affirmer que les effectifs de la Fonction publique ne cesseraient d’exploser et seraient devenus insupportables dans les dépenses publiques.

– Les pensions de retraites des fonctionnaires sont-elles plus élevées que celles du privé ?

Non, selon la lettre de septembre 2015 du Conseil d’orientation des retraites (COR), qui tord ainsi le cou à une idée reçue. Si les pensions des agent.e.s de la fonction publique de la génération 1958 étaient calculées en appliquant les règles en vigueur dans le régime général, le gain de pension moyen atteindrait de 2,4%.

« Pour les fonctionnaires, la pension s’élève à 75 % du traitement perçu pendant les six derniers mois alors que pour les salarié.e.s du privé, elle est de 50 % sur la moyenne des salaires perçus pendant les 25 meilleures années. Ce mode de calcul semble avantager largement les fonctionnaires.

Ce n’est pas le cas dans les faits, pour quelle raison ?

Le salaire de référence pour la retraite des fonctionnaires n’est calculé que sur la partie « principale » de leurs rémunérations. A savoir le traitement indiciaire de base. Le calcul ne tient pas compte de la partie « accessoire » (primes, indemnités liées à la résidence, à la mobilité ou aux heures supplémentaires, supplément familial de traitement etc.). Or, cette partie n’est accessoire que de nom, puisqu’elle représente en moyenne 20 % de la rémunération des fonctionnaires, et dans certains cas jusqu’à 35 %. » Extrait d’un article de la gazette des Communes du 5 avril 2017 «  Les retraites du secteur public sont elles plus avantageuses que le secteurs privé ? »

De plus, à carrière identique, les salarié.e.s du privé valident davantage de trimestres que les fonctionnaires : 170 en moyenne pour les premiers contre 164 pour les seconds pour la génération née en 1958. Dans le régime de la fonction publique, les trimestres sont en effet décomptés de date à date, alors que dans le privé il suffit d’avoir cotisé à hauteur de 150 fois le Smic horaire pour valider un trimestre (ce seuil était de 200 fois le Smic horaire avant le 1er janvier 2014). Conséquence : de nombreux.euses salarié.e.s parviennent à valider 4 trimestres au titre d’une année civile alors même lorsqu’ils n’ont pas travaillé toute l’année, ce qui n’est pas possible dans le public.

Encore, la majoration de durée d’assurance pour enfants est de 8 trimestres par enfant dans le secteur privé alors que dans le public, les femmes fonctionnaires qui ont accouché après leur entrée dans la fonction publique ne peuvent prétendre qu’à une majoration de deux trimestres, voire un trimestre seulement pour les enfants nés avant le 1er janvier 2004. C’est une des raisons pour lesquelles les femmes fonctionnaires toucheraient en moyenne 3,9% de plus à la retraite si elles étaient salariées.

 – Les fonctionnaires ne peuvent pas perdre leur emploi ! C’est évidemment faux !

Une suppression de poste n’est pas synonyme de licenciement : le fonctionnaire doit être affecté dans un nouvel emploi, sauf s’il refuse trois offres pour ce qui concerne la Fonction Publique Territoriale. En cas de faute, le statut prévoit des sanctions disciplinaires allant de l’avertissement à la révocation, en passant par l’exclusion temporaire. Un fonctionnaire peut être licencié pour « insuffisance professionnelle » ou trois refus de poste après une période de disponibilité ou inaptitude physique.

 – Le salaire des fonctionnaires est plus élevé ! Encore faux

« Au sein de la fonction publique, le salaire net mensuel moyen est de 2219 euros contre 2250 euros dans le privé. Il est plus élevé dans la fonction publique de l’État (2 495  euros en 2015), que dans la fonction publique hospitalière (2 239 euros), et la fonction publique territoriale (1 891 euros). « , source : Rapport annuel sur l’état de la fonction publique – édition 2017 – 14/12/2017

 

Salaire nets mensuels par catégorie socioprofessionnelles dans les trois versants de la fonction publique (Fonction Publique d’Etat FPE, Fonction Publique Territoriale FPT et Fonction Publique Hospitalière FPH) et dans le secteur privé en 2015 (extrait Rapport annuel sur l’état de la fonction publique – édition 2017 – 14/12/2017)

Si vous vous sentez encore plus ou à nouveau fièr.e.s d’être fonctionnaires et que vous souhaitez encore plus d’informations sur la fierté d’appartenir au service public:

C’est ici que ça se passe!

 

 

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